Quand on entre dans la petite brasserie corse Kiara, près d’Aleria, ce qui ressort tout de suite, c’est le bruit. Et puis l’odeur de la bière qui coule dans des bouteilles de 25 cl.

Autour, des cuves, des tuyaux, des cartons prêts à partir vers des supermarchés. C’est le branle-bas de combat.

Au commandes, Ghjuvan Petru Pieri, 26 ans, que rien ne prédestinait au brassage. “J’ai travaillé d’abord dans la mécanique de précision et puis j’en suis arrivé là.”

Il est à la tête, depuis quelques mois, de la fabrication d’une toute nouvelle bière corse : Kiara. Le nom rappelle celui de la nymphe qui serait née de l’étang de Diana et de Terra Vechja, situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseaux de la brasserie.

Implantée sur les terres du Clos Poggiale, dirigée par Jean-François Renucci, principal investisseur de cette nouvelle boisson, cette création se veut authentique.

“On ne voulait pas faire une bière juste pour faire une bière, rappelle Ghjuvan Petru Pieri, qui est allé se former en Belgique. Notre but, c’est d’arriver à retranscrire notre terre et notre identité sur les papilles de ceux qui goûtent.”

Et malgré son âge, le jeune homme possède déjà une vision des choses qui laisse entrevoir une maturité qui le portera loin.

“On se laisse le temps d’évoluer tranquillement. On vit dans un monde où tout le monde court. Nous, on a fait le choix de marcher.”

Marcher. En prenant le temps de tout observer, d’écouter, de voir, de sentir et de goûter. Car avant de lancer la commercialisation des deux gammes de Kiara, l’équipe de cinq personnes a fait des tests.

“Ça a duré des mois, ajoute le responsable. On y a intégré des dizaines de goûts différents. Le but était vraiment de créer une bière qui soit traditionnelle, mais en apportant une touche de modernité.”

Une modernité clairement assumée et voulue avec un visuel à la mode et une communication permanente sur l’ensemble des réseaux sociaux.

Quant à la matière première, elle est bio et elle vient directement de Belgique. Il fallait s’en douter.

“Pour l’instant, on importe mais on aimerait pouvoir planter l’orge ici. Et le malter nous-même. C’est un gros projet car cela demande pas mal de ressources, mais c’est exactement ce que l’on veut : pouvoir se targuer d’être une bière 100 % corse”, espère le jeune homme qui ne manque pas de projets et de volonté.

Du matériel haut de gamme

Visiblement, Kiara fait bien les choses. Tout est neuf et entièrement informatisé, comme cet écran tactile qui permet de maîtriser la fabrication de A à Z. Même si la présence humaine est indispensable. “On vit avec notre temps, ce moniteur nous renvoie des informations, sur la température par exemple, qui est un paramètre essentiel à la fabrication de la bière. Mais l’oeil d’un expert est toujours obligatoire.”

Comme pour rester vigilant sur l’hygiène. Un point sur lequel on ne transige jamais.

“Nous n’avons pas beaucoup de concentration d’alcool, comme dans le vin ou certaines autres boissons, alors les bactéries et les germes s’installent très vite. Du coup, on désinfecte très souvent tous les tuyaux et les cuves.”

Ghjuvan Petru Pieri est sur tous les fronts. De la réception de la matière première à la fabrication, jusqu’à la signature des bons d’enlèvement avant que les bières partent pour la distribution. Car la petite brasserie Kiara commence déjà très fort avec presque 16 000 bouteilles remplies chaque jour par l’équipe.

“On a réussi à trouver notre rythme, assure-t-il. Certes, on a encore beaucoup à apprendre, mais notre équipe est constituée de gens qui aiment travailler ensemble et qui ont de l’expérience. L’avenir fera bien les choses, je pense.”

Et à parcourir les réseaux sociaux, on comprend tout de suite que Kiara s’est d’ores et déjà imposée dans le paysage varié des bières corses.

Consultez les articles de la Petite Brasserie corse sur Guidoni Corsica:

La Kiara Blonde

La Kiara ambrée à la clémentine

Kiara blanche au cédrat

Kiara Blonde au citron

 

source – https://www.corsematin.com/articles/kiara-le-nom-dune-nymphe-et-dune-nouvelle-biere-corse-94283